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Semaine Mondiale d'Action - 10-16 Avril 2005

Documentation

Qu’est-ce que le Lobby de masse mondial?

En octobre/novembre 2005, les campagnes nationales sur le commerce à travers le monde vont se rassembler pour organiser des lobbies de masse auprès de leur gouvernement national.

C'est la première fois que ceci aura lieu

Le but est de démontrer la force de la campagne internationale pour un commerce juste et d'exercer davantage de pressions sur les gouvernements pour qu'ils réalisent un Commerce juste. Les lobbies sont prévus d'avoir lieu avant des réunions décisives sur le commerce, dont la Réunion ministérielle de l'OMC à Hong Kong, en décembre.

Le Lobby de masse mondial est le deuxième grand événement mondial après la Semaine Mondiale d'Action pour un Commerce juste. En avril, 10 millions de personnes de 80 pays différents ont agi ensemble en lançant un appel en faveur d'un Commerce juste et non pas d'un Commerce libre (voir www.april2005.org/media).

Voici notre message pour le Lobby de masse mondial :

Pour tous renseignements généraux complémentaires, cliquez ici

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En quoi consiste un lobby de masse?

Un ‘lobby’ est une rencontre face-à-face avec une personne que vous tentez d'influencer.

Un ‘lobby de masse’ national consiste à organiser autant de réunions possibles entre activistes et parlementaires face-à-face, et au même moment. Elles peuvent avoir lieu aussi bien au parlement que dans les circonscriptions électorales, mais elles doivent être publiques et bien en vue.

Quant à l'aspect de ‘masse’ du lobby, il peut s'agir soit du nombre de parlementaires approchés, soit du nombre de personnes qui participent au lobbying.

En 2002 au Royaume-Uni, 12.000 activistes pour le commerce sont venus à Londres et sont intervenus auprès de 359 membres du Parlement, en un seul jour !

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Pourquoi intervenir auprès du parlement ?

Actuellement, la majorité des débats au niveau de l'OMC et au cours d'autres négociations sur le commerce ont lieu sans que les parlementaires soient au courant, alors que les accords sont signés en leur nom. Il est, par conséquent, urgent d'intervenir auprès d'eux pour les informer et exercer des pressions sur eux en ce qui concerne les négociations en cours et les autres options possibles que nous proposons. Nous pourrons ainsi garantir qu'ils exercent des pressions sur les négociateurs, avant les réunions et leur demandent ensuite de justifier leurs actes.

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4. Qu'est-ce qui ne va pas avec le commerce libre?

Comme le monde s'enrichit, une part des bénéfices doit revenir aux pauvres, mais ce n'est pas le cas. Des millions de gens vivent dans la pauvreté et ne peuvent s'en sortir. Ils gagnent à peine de quoi survivre. Chaque jour, 30.000 enfants meurent dans la pauvreté la plus abjecte, et ne devraient pas.

Cette situation outrageuse se poursuit, principalement en raison des politiques de libéralisation économique en vigueur. Les règles du commerce international privent les pays pauvres de 1,3 milliard de livres par jour - soit 14 fois ce qu'ils reçoivent en aide.

Les articles sur le commerce parus dans la presse ont essentiellement porté sur la nécessité de réduire les subventions des pays riches et d'offrir aux marchés du Nord davantage accès aux produits provenant des pays en développement. Malgré leur importance, ces changements ne parviendront jamais à réduire la pauvreté désirée, si la cause fondamentale - soit le fait que les pays riches obligent les pays pauvres à appliquer leurs politiques de commerce soi-disant 'libre' n'est pas abordée.

Libéralisation strictement appliquée

Pendant des années, les pays riches, et les institutions internationales qu'ils dirigent, comme le Fond Monétaire International et la Banque mondiale, ont ouvertement usé de leur influence pour obliger les pays pauvres à ouvrir leurs marchés et réduire le soutien qu'ils apportaient aux producteurs pauvres, ainsi qu'à privatiser leurs services essentiels.

Les critiques croissantes ont provoqué des changements, mais les conséquences sont les mêmes.

Les pays riches continuent d'abuser de leur pouvoir. Compte tenu des conditions de libéralisation économique qu'ils imposent à l'aide, aux prêts et à l'allègement de la dette, de leurs pressions et 'conseils', accords régionaux et bilatéraux de commerce libre, et de leurs 'conseils' subjectifs et pressions implacables, les pays riches continuent de forcer les pays en développement à adopter leurs politiques de 'commerce libre'.

En conséquence, des milliers de gens parmi les plus pauvres du monde luttent pour survivre, gagner leur vie et éduquer leurs enfants. Dans la compétition injuste entre les riches et lespauvres, les pauvres ne gagneront jamais.

Parfois, il est peut-être bon d'ouvrir un secteur spécifique de l'économie à la concurrence, mais les gouvernements des pays en développement doivent avoir le droit de décider quels secteurs ouvrir et quand.

Face au coût de plus en plus évident des politiques de commerce libre sur le plan social, économique et environnemental, et face aux pressions de l'opinion publique, les gouvernements commencent à changer leur rhétorique, mais malgré tout, en pratique, la situation ne s'améliore guère.

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Quelles sont nos demandes spécifiques?

Pour parvenir à un Commerce juste, les gouvernements doivent changer leurs politiques et cesser de pousser les pays pauvres à la libéralisation. Les pays pauvres doivent pouvoir administrer leur propre développement.

Les organismes qui participeront à la Semaine Mondiale d'Action appellent au changement dans plusieurs domaines. Chaque pays sera différent, mais dans l'ensemble, voici les quatre demandes principales:

i) mettre fin à la libéralisation strictement appliquée par l'Organisation Mondiale du Commerce

Le point principal de l'ordre du jour de l'OMC, qui mènera à la Réunion ministérielle à Hong Kong Ministérielle, fin 2005, aura pour conséquence d'exercer une énorme influence sur les pays pauvres pour qu'ils ouvrent leurs marchés industriel, tertiaire et agricole. En attendant, les pourparlers visant à offrir des conditions particulières et différentielles aux pays en développement traînent, les 'mesures de juillet' approuvées par les membres de l'OMC en août 2004 n'y ayant à peine fait mention.

Les gouvernements, en particulier ceux des pays riches, doivent s'assurer que les pays pauvres ne soient plus obligés à libéraliser leurs secteurs industriel, tertiaire et agricole, par le biais des négociations sur le commerce à l'OMC.

ii) mettre fin aux conditions de libéralisation imposées par le FMI et la Banque mondiale

La Banque mondiale et le Fond Monétaire International (FMI) prescrivent des réformes dangereuses et non fondées aux pays pauvres en imposant des conditions à l'allègement de la dette et à l'aide [et des pressions / conseils?]. Les pays sont poussés à réduire leurs dépenses publiques, ouvrir leurs marchés au commerce et à l'investissement étranger, réduire les subventions d'état et privatiser les entreprises publiques, y compris les services publics. De nombreux pays pauvres doivent également obtenir un label du FMI, afin de recevoir une aide d'autres pays, ce qui donne au FMI une influence immense 'en coulisses'.

Les gouvernements, en particulier ceux des pays riches, doivent empêcher la Banque mondiale et le FMI de prescrire des conditions de politique commerciale aux pays pauvres.

iii) mettre fin à la libéralisation poussée à l'aide des Accords de commerce régionaux et bilatéraux

Ces dernières années, un nombre croissant d'accords de commerce libre ont été négociés entre pays et au sein de régions, comme par exemple, l'Accord de commerce libre des Amériques (Free Trade Agreement of the Americas) (FTAA), l'Accord de commerce libre d'Amérique centrale (Central American Free Trade Agreement) (CAFTA), et les Accords de partenariat économique (Economic Partnership Agreements) (EPAs) entre l'UE et des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

Ces accords sont habituellement négociés entre pays à des niveaux de développement économique énormément différents et ne contribuent guère à la réduction de la pauvreté. Ils donnent souvent l'impression de tenter de pousser un programme de libéralisation plus rapidement que l'OMC et de réintroduire certains sujets rejetés par l'OMC, concernant par exemple la concurrence et l'investissement.

Les gouvernements, en particulier ceux des pays riches, doivent cesser de poursuivre des Accords de commerce libre qui donnent priorité aux intérêts des entreprises et non pas aux besoins et aux droits des populations et communautés locales.

iv) mettre fin aux rejets agricoles

Les pays de l'OCDE subventionnent des milliards de dollars US par an à leurs agriculteurs. Ces produits sont alors des produits rejetés sur les marchés des pays en développement. Ils sont vendus au-dessous du coût de production entraînant la baisse du prix des produits locaux et les conséquences sont catastrophiques pour les économies de ces pays.

Les gouvernements, en particulier ceux des pays riches, doivent immédiatement cesser toutes les subventions à l'exportation.

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De vraies vies sont ruinées - études de cas

Fondamentalement, le commerce n'est pas une question économique, mais une question humaine. Il affecte chaque jour la vie et les moyens de subsistance des populations pauvres de par le monde. Voici quatre de leurs cas, extraits des Programmes d'Action et de Culte publiés par l'Alliance œcuménique 'Agir ensemble' pour la Semaine Mondiale d'Action.

Cliquez ici pour les Programmes d'Action et de Culte

L'eau au Ghana

«Parfois, je ne mange pas pour que mes petits-enfants aient de l'eau» Hawa

Hawa vit dans la capitale, mais n'a guère accès à de l'eau, et le prix qu'elle paye ne cesse d'augmenter et ce, du fait que la Banque mondiale et le FMI ont fourni une aide au Ghana à condition que l'eau soit privatisée. Le prix a donc augmenté pour attirer les placements privés et pourtant, ces sociétés privées n'ont aucune obligation d'investir dans les pays plus pauvres.

Le coton au Kenya

«Comment peut-on parler d'efficacité lorsque des milliers d'agriculteurs ne produisent plus, des milliers de familles sont affamées et des milliers de parents sont incapables d'envoyer leurs enfants à l'école?» Susie Ibutu

Susie Ibutu travaille avec des agriculteurs pauvres au Kenya. Les réformes économiques imposées par le FMI ont causé la chute spectaculaire de l'industrie du coton au Kenya. Les tarifs sur les vêtements importés ont été supprimés et l'aide au gouvernement, considérablement réduite. En 2000, la production du coton valait moins de 5 pour cent de sa valeur dans les années 80.

Les oignons au Sénégal

«Lorsque nous revenons du marché, cela fait mal au cœur. L'argent que nous gagnons ne vaut pas notre dur labeur.» Bolo Sy

Bolo Sy a vu disparaître sa source de revenu. En temps que cultivatrice d'oignons sénégalaise, elle ne peut plus faire concurrence sur le marché local aux oignons subventionnés importés de Hollande. Les règles du commerce international ne permettent pas au gouvernement sénégalais de protéger leur marché et de fournir des subventions aux agriculteurs locaux.

Le riz en Honduras

«Autrefois, ces champs étaient tous des rizières - jusqu'à l'horizon. Et c'est ce que je veux voir à nouveau.» Maria Marcos Riveira

Au début des années 90, Honduras produisait 50.000 tonnes de riz par an. En 2001, saturés d'importations, il produisait tout juste plus de 7.000 tonnes. Auparavant, le comité de commercialisation du riz dirigé par le gouvernement avait en place un système de soutien aux prix pour les riziculteurs honduriens et gérait aussi les importations. Mais ce système a été restructuré dans les années 90 pour répondre à l'une des conditions de l'accord d'ajustement structurel conclu avec le Fond Monétaire International et la Banque mondiale. De ce fait, au cours des 10 dernières années, le riz d'Honduras fait concurrence aux importations de riz lourdement subventionné qui provient des Etats-Unis. Une par une, les familles de petits riziculteurs pauvres comme celle de Maria Marcos Riveira ont quitté le marché du riz pour revenir à l'agriculture de subsistance.

Ce qui est vrai pour le coton au Kenya, les oignons au Sénégal, l'eau au Ghana et le riz en Honduras, l'est aussi pour le maïs et le café et le lait et les légumes et d'innombrables produits, village après village, communauté après communauté, dans les régions les plus pauvres du monde.

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